Claude du Bellay d’Anché

Claude du Bellay d’Anché

Claude Bellay d’Anché, protestant de son état, a dû fuir le pays en 1682 avant la révocation de l’Édit de Nantes.
« Seigneur d’Anché » et frère de Théodore du Bellay, seigneur de Montbrelais (près de Ceaux), qu’on considérait également comme un réfugié de marque et que cite Ferdinand Brunot dans son livre Histoire de la langue française des origines à 1900, A. Colin, 1917.
On peut lire leur histoire dans le livre de Charles Weiss, Histoire des réfugiés protestants de France, (1853). Dans le Bulletin historique et littéraire de la Société de l’histoire du protestantisme français (1902), on cite les diverses personnes ayant profité de permissions afin de quitter la France au 17e siècle avec un passeport du roi de France :

« Enfin, parmi ces permissions, j’en mets deux à part, qui
méritent d’être citées, l’une parce qu’elle concerne un des
réfugiés qui jouèrent un rôle actif dans la colonie berlinoise,
l’autre à cause des détails très précis qu’elle contient. La pre-
mière est en faveur de Claude du Bellay, seigneur d’Anché,
et frère de Théodore du Bellay, seigneur de Montbrelais, un
réfugié de marque; elle porte la date du 3 octobre 1682 :
« Aujourd’huy 3 octobre 1682, le Roy estant à Chambord, ayant
esgard à la très humble suplication qui luy a esté faite par le
S’ de Spanheim envoyé extraordinaire de M » » l’El’ de Brs,
Sa Majesté a permis et permet au S »^ Danché,
gentilhomme de la province de Poictou,
de sortir du royaume pour aller au service de Son
Altesse Electorale en qualité de gouverneur d’un de ses fils,
nonobstant la déclaration de 1669 et toutes autres ordonnances à ce contraires.
La pièce est suivie d’un passeport de même date, qui per-
met à D’Anché « de mener avec luy sa femme, une fille de
chambre, un cocher et deux lacquais- ».

Divers livres d’histoire sur les Huguenots réfugiés à l’étranger, mais surtout les 14 volumes manuscrits du pasteur Jean Rivierre, Livre d’or des Protestants du Poitou persécutés pour la foi, dont l’original est conservé aux Archives départementales de la Vienne à Poitiers, racontent que Claude du Bellay d’Anché fut nommé chambellan de Frédéric-Guillaume, Electeur du Brandebourg tout en étant chargé, tout comme le comte de Beauveau, de porter des soins aux réfugiés protestants du Poitou et de l’Anjou. Il a été nommé également précepteur des trois margraves, c’est-à-dire les enfants de l’Électeur : Albert Frédéric, Charles Philippe et Chrétien Louis.

Né à Thouars en 1627, gentilhomme du duc de la Trémoille, Claude du Bellay du Plessis d’Anché tenait son titre du lieu-dit « Le Plessis » que sa mère, Jeanne Herbert de Bellefonds, apporta en dot à Zacharie du Bellay en 1613 ou 1614. Les du Bellay, « grande famille de noblesse hugenote sortie du Puy d’Anché (Limalonges), établie autour de Thouars et Parthenay, émigrée presque tout entière en Prusse. Une demoiselle de Puy d’Anché est reçue religieuse à l’U.C. de Poitiers le 24.2.1725. » (J. Riverre) Henri du Bellay reçoit « en partage sur la succession de son père la terre du Plessis d’Anché, près de Couhé. Il s’éloigna alors de Thouars, devint membre de l’église domestique des Couhé-Vérac. » (Correspondance de Zacharie du Bellay, sieur du Plessis. (1772-1644), J-L Tulot). Claude, émigré à Berlin avec son épouse, « une fille de chambre, un cocher, et deux laquais », y mourut en 1694 sans avoir laissé d’enfants de son mariage avec Marie de Rogier ; mais son frère Théodore, devenu conseiller d’ambassade de l’Électeur, lui a survécu (+ 1711) ; leur sœur Charlotte du Bellay (+ en 1712 à Berlin à l’âge de 80 ans) était la veuve de Fouquet, seigneur de Bournezeau, une famille poitevine qui avait épousé le protestantisme dès 1562. Plus tard un certain Matthieu d’Anché, qui avait vécu longtemps à Genève, a été refusé comme professeur de théologie à Lyon.
D’autres habitants du lieu-dit Le Plessis d’Anché étaient « Cezart Chasteignier », seigneur du Rouvre et sieur du Plesi d’Anché (+1617) qui avait épousé Renée, dame du Plessis d’Anché le 13 septembre 1581. Leurs successeurs étaient « Chastaignier sieur du Plesi» dont l’épouse Radegonde (+1703) est également enterrée sous la dalle funéraire sculptée de l’église d’Anché.

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Le Puy d’Anché

La famille d’Anché et le Puy d’Anché

On trouve aujourd’hui au Puy d’Anché (79) près de Sauzé-Vaussais à moins d’une heure d’Anché (86) un château ancien du même nom entouré d’un joli village de vacances et à proximité d’une ferme-auberge .

Ce que l’on sait moins c’est que le Château du Puy d’Anché que voici :

Manoir du Puy d’Anché (79), fondé par un d’Anché (86)

FACADE DU CHATEAU DU PUY D’ANCHE A SAUZE-VAUSSAIS    (79)

appartenait à la famille du Bellay sous le nom de Puy-Boyer avant de passer en 1499 dans la famille des d’Anché et de devenir le Puy d’Anché (voir le récit du Docteur Boudard) de ce fait. Le puy indiquait normalement une éminence naturelle ou un puits et l’absence dans le paysage des premières fait pencher l’origine du nom vers le puits dans la vallée qui alimente le château et les fermes voisines. Suite au passage de Jean Calvin en 1534 à l’abbaye de Valence, Couhé et à Poitiers les d’Anché introduisent la religion calviniste dans la région grâce à leur chapelle du Puy d’Anché. En 1681 Louise d’Anché, fille d’Antoine d’Anché, apporta le Puy d’Anché en dot au moment de son mariage avec François-Théodore Gay et il disparaît deux siècles plus tard du patrimoine des d’Anché et des Gay du Puy-d’Anché, cette lignée s’étant éteinte. L’année suivante en 1682, la date n’est pas une coïncidence, Claude du Bellay du Plessis d’Anché, seigneur du Puy d’Anché, protestant lui aussi, obtint un passeport signé personnellement par Louis XIV et quitta ensuite la France avec sa famille et avant la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 (qui avait protégé les Huguenots depuis 1598) pour se réfugier en Brandebourg où il décède en 1694. Ce passeport permet aux d’Anché de fuir la persécution avant le durcissement imminent de la loi à l’égard des protestants et accrédite la thèse du passage de Louis XIV au château du Puy d’Anché en 1660 quand accompagné du cardinal Mazarin il se rendait dans l’île des Faisans dans les Pyrénées pour traiter avec le roi d’Espagne et où il aurait pu rencontrer Claude du Bellay du Plessis d’Anché, ce qui expliquerait le geste royal 22 ans plus tard. Ce ne serait pas la première fois ! Etant donné la pénibilité des voyages à l’époque le roi aurait couché dans la salle dite de Louis XIV et en tous les cas Louis XIV ordonna que l’église de Vaussais, brûlée par les protestants, fût relevée.
En savoir plus avec les Notes historiques. Par le Docteur Boudard (1918).

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